• Norilsk (Caryl Férey)

    Norilsk (Caryl Férey)

     

    Titre : Norilsk

    Auteur : Caryl Férey

    Année de parution : 2017

    Edition : Paulsen

    Quatrième de couverture :

    Norilsk, nord de la Sibérie :

    La ville de plus de cent mille habitants la plus septentrionale.

    L'une des plus polluées.

    Un ancien goulag où les bâtiments soviétiques s'effondrent.

    Un froid qui l'hiver peut atteindre -60 °C.

    La plus grande mine de nickel au monde, tenue par des oligarques.

    Une ville fermée, qu'on ne peut rejoindre qu'avec l'autorisation du FSB.

    Deux mois par an de nuit totale.

    Une population majoritairement constituée de mineurs.

    Espérance de vie lamentable.

    Une ville sans animaux, sans arbres, sans rien.

    En résumé, la ville la plus pourrie du monde.

    Mais pour affronter l'enfer sibérien, j'avais ma botte secrète : La Bête.

     

     

     

    Sur la proposition folle de ses éditrices, Caryl Férey embarque pour un voyage vers la glaciale ville minière de Norilsk, située au plus profond de la Sibérie et inaccessible au public sans une autorisation signée de la main du FSB. Il effectuera son court mais éprouvant périple en compagnie de la Bête, photographe borgne porté sur le bon vin et les belles femmes, et livrera un récit poignant sur cette ville paumée aux confins du cercle polaire arctique, concentrant une gigantesque concentration de nickel et une espérance de vie misérable.

     

    On pourrait être tenté de limiter Norilsk  à un travail de journalisme ultra-subjectif, mais cela serait dénigrer l'aspect principal du livre : Caryl Férey n'agit pas en reporter, mais bien en aventurier.  L'auteur et son acolyte n'attende rien de cette ville inconnue, et découvre ses multiples aspects au fur et à mesure de leur expédition. Il ne faut donc pas voir Norilsk comme une investigation, mais le témoignage d'une incroyable aventure humaine. Le récit s'ouvre sur une citation de l'aventurier Joseph Kessel, dont le travail sera plusieurs fois évoqué au long du récit, et se conclut sur le retour de Caryl Férey et de la Bête à Paris, à jamais grandis des rencontres et  péripéties vécues dans l'ancien goulag sibérien. Le ton général de l'ouvrage traduit l'humour ambigu de l'auteur, mais également son lyrisme et son impressionnante culture générale.

     

    Bien que relatant une aventure individuelle, la chronique n'en demeure pas moins extrêmement documentée sur la ville et ses aspects. Norilsk, anciennement Norrilag, est un ancien combinat minier établi sous l'URSS, accueillant la plus importante extraction de nickel au monde, les bâtiments soviétiques à l'abandon sont autant de stigmates témoignant de la fondation sordide de la ville. Sous la plume de Férey, la ville qui "pollue à elle seule autant que la France" semble presque prendre vie. Cet enfer de froid et de vapeur aux allures de Blade Runner, est la maison de milliers de miniers russes, à défaut de Réplicants, une maison dont il ne pourront jamais vraiment s'échapper. Au cours de leur aventure, les deux aventuriers feront la rencontre d'une multitude d'individus aux talents divers : Shakir, un chauffeur de taxi fumant comme un pompier, Bambi, la guide de voyage aux allures de cabri, Ana, la gérante du bar Zaboy, Rantanplan la valise et même un trav' aux seins pointus.

    Les dialogues ponctués de "Da!" et de "You're my friend !" contribue grandement à la beauté du témoignage des habitants de Norislk. Les faits exposés par les mineurs de la ville sont tous dignes des pires instants de Germinal, plus terrible encore sont ceux des locaux ayant pu faire des études sur "le continent" et qui reconnaissent l'horreur de leur situation. Mais bien que Norislk puisse sembler n'être rien d'autre qu'un bagne vomissant sa fumée dans le ciel sibérien, un habitant lance à Caryl Férey un gage émouvant de l'amour qu'il porte à sa ville, et qui restera à jamais couché sur papier :

    "On travaille tous à la mine mais je suis photographe. [...] Tu as bien vu : on est poètes, musiciens, dessinateurs, peintres, comédiens, ingénieurs du son, violoniste ! [...] Norilsk est trop loin de tout, l'art est un hobby, on n'a pas le choix, mais on le vit à fond [...]  dis-le dans ton livre : dis-leur que notre ville mérite mieux que ça."

     

    Ainsi, en à peine cent cinquante pages, Norilsk délivre l'incroyable épopée de deux "french siberians" dans une ville hors du temps. On conclura que la lecture de l'ouvrage est en tout point comparable avec l'aventure qu'elle témoigne : unique, surprenante et inoubliable.

     

    Norilsk (Caryl Férey)


  • Commentaires

    1
    Lundi 28 Mai à 12:34

    Vu que tu détaille beaucoup le livre, tu pourrais peut être rajouter le code ISBN. :) Quand tu cherche le bouquin dans une base de données, ça aide pas mal. :)

      • Samedi 2 Juin à 19:02

        J'avoue que cela présente une utilité, mais je préfère ne pas l'inclure dans la "carte d'identité" du livre, car c'est une information à laquelle je n'aurai pas toujours accès.

        Toutefois, celui de Norilsk est le suivant : 978237502-0241

      • Mardi 5 Juin à 18:20

        Si jamais tu y as accès ajoute le, ça ne coûte rien. ;)

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