• Ressouvenir

     

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    Si sentant l’abîme s’ouvrir sous ma course

    Il me fallait une ultime remembrance

    Et de mes mornes malheurs tarir la source

    J’invoquerai muses perdues et romances

    Mais dans ces rêves de pierre et de gloire

    Il n’est pas de noms n’appelant au désespoir

     

    En ce rocher qu’est mon cœur pourtant subsiste

    Les muets ravissements se rêvant immortels

    D’une nymphe unique mais aussi trismégiste

    Car d’abord fût reine et après bourrelle

    Et enfin devint souvenance éthérée

    Qui dans un cénotaphe se veut enterrer

     

    Dans ce froid cocyte je suis alors en deuil

    Des enfers je n’ose pas franchir la porte

    Et j’entends Charon murmurer en leur seuil

    « Celle que tu désires tant n’est pas morte

    Puisqu’en ce vil monde ne fût jamais vraiment

    Autre qu’égérie inspirant milles amants »

     

    Ce dieu qu’on nomme Amour ne vaut le nôtre

    En d’infinies croisades nous croisons son fer

    Nous prêchons ses vertus en borgnes apôtres

    Aimant son doux profil et ne pensant guère

    Aux regrets naissant sitôt notre feu passé

    Et que plus jamais rien ne saura remplacer 


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